P.O.V Tom
Je regarde ce bâtiment terne une dernière fois avant de souffler un bon coup.
Ce ne lieu est très éloigné de la ville, comme pour le cacher du monde extérieur.
Cacher toute l'horreur qui y règne.
L'endroit y est austère, l'atmosphère malsaine et inquiétante.
Tout est gris, les plantes pas vraiment entretenues.
Comme si il n'y avait aucune trace de vie.
Des barreaux ornent les fenêtres.
Comme si c'était une prison.
Ca l'est en quelque sorte.
De l'extérieur tout a l'air calme, trop calme même mais je doute qu'à l'intérieur ce soit la même histoire.
Tout à l'air mort en fait, ce lieu est dépourvu de vie.
On pourrait croire qu'il est abandonné.
J'ai même cru sur le coup m'être trompé d'adresse.
Pourtant non , je suis bien à la bonne adresse.
J'ai eu beaucoup de mal, c'est tellement reculé.
J'ai été étonné en voyant à quoi ressemblait le bâtiment.
On dirait un château hanté.
Sans blagues, ça me glace le sang.
Seulement j'ai accepté donc impossible de reculer.
Je sors de ma voiture et me dirige vers mon nouveau lieu de travail.
L'air humide et chaud rend vraiment cet endroit particulier.
C'est effrayant.
Dire que je vais bosser là.
Mais bon il ne faut pas se fier aux apparences.
Alors je prends mon courage à deux mains et pénètre à l'intérieur.
C'est sombre, lugubre.
Les murs sont en pierre grises.
C'est presque morbide.
Quelques appliques ornent le mur mais pour le peu que ça éclaire ça relève plus de la décoration qu'autre chose.
Il n'y a pas de tableaux, rien.
Y a pas à dire ils se sont pas foulé pour faire un effort de présentation.
Les couloirs sont presque déserts, je rencontre quelques uns de mes futurs collègues.
Ils me saluent à peine, leur regard est vide d'émotion, peut-être juste une grande lassitude.
Je les comprend c'est loin d'être évident mais ils ont choisi.
Je sais que ce sera difficile mais j'aime mon métier.
Même si je suis encore très jeune dans le milieu , ça me passionne.
Il est vrai qu'à à peine 23 ans , être déjà diplômé en tant qu'infirmier psychiatre ça relève de l'exploit.
Les études en psychiatrie sont très longues et complexes mais j'ai bossé comme un fou pour y arriver.
Et voilà !
Après avoir traversé cet immense couloir j'arrive enfin au bureau du directeur de ce centre.
La porte est close bien sûr.
Je la fixe avec un air de défi, ce qui est stupide, ce n'est qu'une porte mais c'est plus un combat intérieur entre ma conscience et mon corps.
J'hésite encore à prendre mes jambes à mon cou et me tirer loin de cet endroit qui fiche la trouille et celui de frapper pour indiquer ma présence.
Allez on souffle un grand coup , ce qui me vaut un regard étrange de la part d'une personne passant par là et toque.
Après un « Entrez » j'ouvre la porte et découvre un bureau tout aussi terne et dépourvu de couleurs.
Pas un tableau un mur, juste des papiers et sûrement le planning.
Une pile de dossiers s'entasse sur le bureau et c'est à peine si je vois la tête de mon interlocuteur dépasser.
Bon okay j'exagère sûrement un peu mais il à l'air tout petit par rapport à moi qui suis grand.
Son front commence à être dégarni, on peut dire que c'est un vieux monsieur.
Il relève enfin la tête de ses papiers.
-Ah Monsieur Denecker je suis ravi de vous voir.
-Moi de même Monsieur Bruckmeier.
-Asseyez vous je vous prie.Je m'exécute, trop content de pouvoir m'asseoir un peu.
-Je suis content que vous ayez accepté ce poste, de nos jours trouver un infirmier psychiatre est difficile.
-J'aime mon métier, aider les autres à se sentir mieux est important pour moi.
-Vous avez raison ! Bon avant de vous donner vos horaires, nous allons continuer notre visite tout en discutant.
-Bien Monsieur.On se lève tout les deux et commençons notre balade si j'ose dise dans l'enceinte du bâtiment.
Il me montre où se trouve la cafétéria, car c'est là que je mangerai avec mes collègues et les patients les moins atteints.
Ensuite le jardin, pour la promenade, qui n'est pas plus entretenu que celui de la façade mais bon tant que personne ne se blesse.
Je remarque les clôtures entourant les murs et les fils barbelés.
Je fronce les sourcils , c'est vraiment une prison...
-C'est pour éviter que les patients s'évadent.
-Ca arrive ?
-Parfois oui.
-Mais avec les cachets...
-Oh c'est parfois avec l'aide du personnel, certains sont malhonnêtes, tout ça pour de l'argent.
Vous savez, nous manquons d'infirmiers ou même de concierge alors il arrive de faire des erreurs lors de l'embauche. Mais je suis sûr d'avoir fait le bon choix vous concernant, soyez-en sûr.
-Merci beaucoup.
J'ai une question, Pourquoi n'y a-t-il aucun tableau sur le mur ?
-Oh certains patients se cognaient la tête dedans.
Il faut faire attention.
-Je comprends mieux. Et il y a une salle de repos.
-Bien sûr ! Par contre il faut faire très attention , ne jamais leur donner d'objet tranchant , en plastique car ils pourraient s'étouffer avec ou l'avaler.
Ce sont comme des enfants, nous devons constamment faire attention à leur bien être et à leur sécurité car ils peuvent avoir des réactions imprévisibles et de ce fait être un danger pour les autres mais aussi pour eux même.
-Comment sont les chambres ?
-Individuelles . Nous ne pouvons nous permettre de les mettre ensemble , pour des raison évidente d'intimité mais aussi de danger encore.
Elles sont simple, un lit, une armoire, un bureau, une salle de bain très simple, lavabo, toilettes, et un bac de douche. Je sais c'est assez rudimentaire.
Les brosses à dents et autre sont fournis uniquement au moment de la toilette, jamais en dehors et toujours sous surveillance.
La prise de médicaments est elle aussi scrupuleusement surveillée, veillez bien à ce qu'ils les prennent.
Pas d'objets tranchants cela va de soi.
Et si ils vous supplient pour ne pas avoir la camisole en cas de problème ne cédez surtout pas.
D'autres questions ?
-Oui. Les chambres sont-elles équipées de digicodes pour éviter toute escapade ?
-Seulement dans la zone d'isolement.
-La zone d'isolement ?
-Les cas les plus dangereux comme certains criminels.
-D'accord ...
-Rassurez-vous , vous ne travaillerai pas dans cette unité.
-Je me sens beaucoup mieux en effet.
-Vous avez le sens de l'humour , c'est bien ,c'est important.
Je vais vous donner vos horaires venez.Je le suis, toutes ces informations m'intriguent.
Tout est tellement étrange, presque surréaliste.
Nous sommes à nouveau dans son bureau ,mes horaires dans la main.
Je suis fortement sollicité , en même temps il y a du boulot.
J'ai hâte de commencer.
Pouvoir enfin faire ce que j'aime.
-Plus d'autres questions ? Tout est compris ?
-Tout est clair.
-Une dernière chose : Ne vous liez jamais d'amitié avec eux.
Restez professionnel, rien de plus.
-Euh, d'accord.
-Bien dans ce cas à demain 7 heures et bienvenue à Sank Georg.
-Merci.J'allais sortir du bureau quand une sonnerie stridente suivie de cris se fait entendre.
Le calme à cédé, voilà ce qui m'attend demain.
Nous sortons du bureau pour voir ce qui se passe.
Les infirmières se précipitent dans une chambre, je cours avec le directeur pour voir qui est-ce.
Les cris s'intensifient faisant hurler les autres patients et les insultes fusent.
C'est le gros bazar, tout le monde est sur le qui vive, c'est impressionnant.
Je me rapproche encore et aperçois le fauteur de trouble.
Je ne vois pas très bien à part une masse de cheveux noir et une voix grave balançant des obscénités à tout va.
C'est donc un homme il a l'air jeune.
Tellement jeune !
Et déjà ici...
-Lâchez moi bande de crapauds répugnants ! Détritus de merde !
-Mettez lui la camisole et donnez lui un somnifère par perfusion !
-Dégage cafard miteux !Il remue comme une furie, puis soudain il plante ses yeux dans les miens.
Je frissonne, il a des yeux marrons, presque noirs tant la folie s'est emparée de son corps.
Son visage est tellement fin, presque féminin.
Il est beau. Malgré sa crise de démence, il est très beau.
Mais inquiétant.
Ses yeux sont perçants, on dirait qu'il essaye de lire en moi.
Ca à l'air d'être un cas difficile.
Il continue de me fixer et se met même à me parler.
-Qu'est-ce que t'as tête de n½uds ?
-Donnez lui ce foutu calmant !La dose est injectée et presque immédiatement il se calme et ses yeux se ferment.
Petit à petit, l'hôpital retrouve ce silence de mort qui le rend si mystérieux.
Je suis assez secoué par ce qu'il s'est passé, c'était intense.
-Désolé pour ce bien triste spectacle.
-Qui est-ce ?
-Bill Kaulitz, un patient avec de sérieux problèmes.
Faîtes attention à lui.
-Pourquoi ?
-Quand il a ses accès de colère comme maintenant il peu devenir très violent , là ce n'était rien.
-Pourquoi est-il là ?
-Je vous en parlerai plus tard en attendant rentrez chez vous, une longue journée vous attend demain.
-Bien.EllipseAprès une bonne douche je m'affale sur mon lit.
Je n'ai rien fait d'extraordinaire et pourtant je suis usé.
Mon chat Alinéa vient se blottir contre moi afin de réclamer des caresses.
Sacrée bestiole mais son ronronnement m'apaise.
Malgré ça je ne peux m'empêcher de repenser à ce jeune homme Bill.
Pourquoi est-il là ?
Il a l'air si jeune, il ne devrait pas être dans un endroit pareil.
Seulement la vie n'est pas toujours tendre avec certains.
La plupart des personnes dans cet hôpital n'en sortirons jamais.
C'est affreux mais comme ça aussi.
Ils peuvent être un danger pour les autres mais surtout pour eux même.
Jamais ils ne sauront ce qu'il se passe en dehors de ces murs.
C'est même pire que la prison.
Car on peu en sortir, là non.
Un miaulement me sort de ma torpeur.
-T'as faim Alinéa ?Encore un miaulement , j'ai compris il veut manger.
Pendant ce temps je me prépare aussi un petit truc parce que mine de rien j'ai faim.
Ensuite je ne sais pas trop ce que je vais faire.
Visiter peut-être un peu la ville, je suis arrivé il y a peu et je n'ai pas pris le temps de me balader.
Je crois savoir qu'il y a un vieux cinéma.
Je suis un adepte des films anciens, tellement plus réalistes et humains que les navets de maintenant.
Je suis peut-être vieux jeu à ce point de vue là mais je suis comme ça.
Je mange seul, comme toujours.
Je n'ai personne dans ma vie depuis un moment, faut dire que j'ai pas le temps.
Et pas forcément l'envie non plus, je suis jeune et je suis pas encore prêt pour avoir une relation sérieuse.
Mes potes pensent que je vais finir seul avec des chats.
Qu'ils pensent ce qu'ils veulent, parfois ils sont lourds mais bon je les aime quand même.
Depuis le temps qu'on se connaît tous ...
On en a fait des conneries ensemble, que ce soit au bahut ou en soirées.
Ca me fait sourire de repenser à tout ça.
C'était la bonne époque, on était insouciant.
Maintenant on est adulte , avec un boulot et un appartement à gérer.
C'est passé vite.
Je suis parfois nostalgique de cette période.
Je ne manque de rien et ça n'a jamais été le cas mais je sais pas, il y a comme un manque.
Ce petit quelque chose qui fait qu'on a toujours ce sourire sur nos lèvres.
Je suis sorti de ma nostalgie par mon téléphone.
-Tom !
-Hey Gustav ! Content de t'entendre.
-Moi aussi.
-Que me vaut ton appel ?
-Réserve ta soirée mon frère je t'emmène boire un coup.
-Désolé Gus, je bosse demain.
-Ah ben justement faut fêter ça !
-Je commence tôt.
-Ah mais tu fais chier. Un resto ça te tente ?
-Seulement si c'est toi qui paye.
-Tu me prends pour qui , bien sûr que je paye ça sera ta récompense pour ton boulot.
-Merci.
-A 20 heures au Conichi ?
-Et en plus tu me payes l'italien ?
-C'est pas la classe ?
-Un peu ouais !
-A ce soir !Gustav, mon meilleur pote, complètement dégénéré et fêtard comme personne.
Mais vraiment une personne géniale sur qui on peu compter.
Ca fait longtemps qu'on s'est pas fait une bouffe rien qu'à deux.
Faut dire qu'il a aussi son travail qui lui prend beaucoup de temps.
Il est commercial dans l'informatique.
Le plus dur c'est qu'on habite plus dans la même ville même si c'est pas loin.
Je me prépare pour rejoindre Gustav à Hamburg.
Il est 19h30 et si je me dépêche pas je vais être à la bourre la plus totale.
Mais il fallait bien que je m'habille autrement qu'avec mes baggys et t-shirt trop grands.
Le restaurant c'est pas le Mc Do non plus.
Je prends mes affaires et sort sans oublier de faire une caresse à mon chat.
La route n'est pas très longue et il y a peu de monde sur les routes ce qui est franchement sympa.
Je gare et constate que Gustav m'attends déjà.
On se fait une accolade rapide puis entrons.
On s'installe puis en même temps que nous regardons les menus nous discutons de tout et de rien.
-Alors ça y est te voilà enfin dans la vie active, il était temps hein !
-Oh ça va. Les études en psychiatrie sont difficiles et longues et je te rappelles que j'ai fini premier de ma promotion, ce qui n'est point ton cas mon cher Gusti.
-Tais toi mauvaise graine.
Mais ... T'as pas peur de devenir aussi taré que tes patients.
-Gustav ... Je suis sûr de mon choix.
-Et où vas-tu trouver le temps de t 'investir dans ta vie personnelle ?
-S'il te plait, tu sais très bien que je n'en ai pas l'envie pour le moment.
-Tu vas vraiment finir tout seul si tu continues.
-Pour le moment ça me convient.
-Tom ... Je sais que tu mens, ça se voit tu n'es pas heureux, t'as besoin d'une fille !
-Pas pour le moment.
-Qu'est-ce qui te fait peur ?
-Rien, je veux juste pas avoir de relation pour le moment.
-T'aurais pas juste la trouille de goûter au bonheur ?
-Non, mais ma vie me convient comme ça.
On peut parler d'autre chose ?
-Comme tu veux mais crois moi je me fais du souci pour toi.
-Pourquoi ?
-Parce que t'es pas heureux !
-Je me contente de ce que j'ai.
-Ton chat ?
-Et alors ?
-Rien.
-Vous avez choisi ?Il tombe bien, grâce à lui , une conversation vraiment embarrassante s'interrompt.
Nous commandons et plus un mot n'est prononcé.
La tension est palpable, c'est désagréable.
Pourquoi il a fallu que le sujet revienne sur le tapis ?
J'évite son regard il doit comprendre que je n'ai plus envie d'en parler car il change de sujet.
-Parle moi de ton travail.
-Ben je commence demain dans un hôpital qui ficherait la trouille à n'importe qui.
On dirait un vieux château à l'abandon je te jure !
-Je te l'ai dit , tu vas devenir cinglé à ton tour.
-Très drôle. J'ai déjà eu droit à un comité d'accueil.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Un patient qui m'a traité de tête de n½uds.
-Hahaha à bah tu vas être servis si ils sont tous comme ça !
-C'est un hôpital psychiatrique Gus ...
-Oui c'est vrai ! Et tu vas devoir faire quoi ?
-N'oublis pas que je suis soumis au secret professionnel, en gros je vais devoir les laver, donner les traitements, à manger, et les attacher au cas où.
-Violent.
-On verra.
-Vos plats messieurs.Notre discussion s'achève là et nous commençons la dégustation de notre plat.
C'est très bon, en même temps le Conichi c'est pas de la merde.
Il a fait les choses en grand le Gustav chéri.
Plus un mot n'est prononcé, manger c'est royal pour nous.
A la fin du dîner , on paye l'addition, et quittons le restaurant , bien repu.
Je me sens même somnoler tellement j'ai trop manger.
Après une longue étreinte, nous repartons chacun de notre côté.
La route est assez courte et je suis déjà chez moi.
Revoir Gustav m'a fait du bien, il m'a dé-stressé pour demain.
Oui j'ai peur.
De ne pas être à la hauteur, de faire n'importe quoi ou pire de perdre mon sang froid.
Et il fallait que je ressasse tout ça avant de dormir bien sûr.
Parfait pour passer une nuit d'enfer.
Après être passé par la salle de bain et m'être mis en tenue pour dormir c'est à dire rien du tout , j'éteints enfin cette foutue lumière qui commençait à me faire mal à la tête.
Le réveil est plus que difficile , j'ai très peu dormi, il est 6 heures du matin et je peine à tenir debout.
Je dois avoir l'air d'un débile profond mais tant pis.
Je me douche vraiment vite fait pour ne pas être en retard.
Je stresse énormément j'ai tellement envie que tout se passe bien.
Je petit déjeune sur le pouce, je sais c'est pas bien mais ma gorge est trop nouée.
On dirait une pucelle à son premier rendez-vous sauf que moi c'est pour mon travail.
Comparaison à la con j'en conviens.
Je donne tout de même une papouille à Alinéa et sors enfin de mon appartement douillet.
Ca y est je rentre dans la vie active et c'est dur.
Mais je l'ai voulu alors j'assume.
La route est cool ça au moins ça a le mérite de me détendre , je déteste les bouchons.
Et ça ne le fait pas si j'arrive en pétard à mon boulot surtout que j'ai besoin de tout mon self control pour ne pas péter une durite à la première difficulté.
Je me gare sur le parking réservé au personnel et sors.
C'est toujours aussi sinistre et flippant mais je n'ai pas le temps de m'attarder, il est presque l'heure.
Je franchis le seuil de l'entrée et me dirige directement chez le directeur pour montrer que je suis là et prendre mon planning.
Le stress est présent dans chaque centimètre carré de ma peau mais en même temps je suis excité de commencer.
Je toque brièvement et entre.
Monsieur Bruckmeier me tourne le dos, je ne suis pas sûr qu'il m'ai entendu.
-Hum hum
-Oh bonjour Tom. Ravi de voir que vous ayez su vous lever.
Votre planning est sûr mon bureau , vous commencez avec Madame Constantin , c'est une dame âgée il faudra juste lui apporter son repas et revenir après pour ses médicaments.
-Oh, je ne vois qu'un seul patient ?
-Pardi non ! Mais vous commencez par elle c'est ce que je voulais vous dire.
Eh bien qu'est-ce que vous faîtes encore là ? Au travail !
-Euh oui bien sûr !
-Et avant tout changez vous !
-Pardon oui.
-Arrêtez de stresser , les malades vont vouloir en jouer pour vous manipuler !
-C'est censé me calmer ?
-Non. Au travail.Bon sang ça commence fort !
Je me dépêche de me changer et d'attacher mes dread et ça y est c'est parti.
Je prends les dossiers pour les médicaments ou autre histoire de pas me planter et vais voir cette vieille dame.
J'espère juste qu'elle est réveillé et de bon poil.
Je trouve facilement sa chambre, c'est dingue comme les couloirs sont vides...
C'est angoissant.
Je frappe pour indiquer ma présence et entre.
La chambre est vraiment simple et je vois une dame vraiment vieille faut le dire dans son lit.
Son regard est vide, elle a l'air ailleurs.
-Bonjour Madame, je suis Tom , je vous apporte à manger.
Comment allez-vous ?Pas de réaction. Super, le dirlo aurait pu me renseigner un peu plus sur son cas que je n'ai pas de mauvaises surprises.
-Madame ? Je vous apporte le petit déjeuner.
-Du café et du sucre ? Tout de suite Joseph. Oh .... Vous êtes le serveur ?
-Non Madame, je suis infirmier, je vous apporte votre petit déjeuner.
-Vous devriez vous laver les cheveux, c'est plein de n½uds.
-On me le dit souvent.
Votre nuit a été bonne ?Okay plus de réaction, elle est retournée dans son monde.
J'ouvre les rideaux afin de laisser passer un maximum de lumière, c'est important.
-Je repasserai tout à l'heure pour vos médicaments et vos soins, bon appétit.
-Plus de sucre dans mon café.Je ressors de la pièce et continue de distribuer les repas avec plus ou moins d'intérêt pour moi.
Pour le moment c'est assez calme mais je doute que ça dure encore longtemps.
En effet quelques mètres plus loin, je vois un patient déambuler dans les couloirs.
Et plus je me rapproche, plus je connais la silhouette de la personne en question.
Mince, cheveux noirs pas coiffés et sales, ça ne peut être que Bill.
Je me demande comment il est sorti de sa chambre.
Je délaisse les plateaux pour m'approcher de lui doucement.
Je ne tiens pas à lui faire peur et déclencher une crise de violence.
Il marche d'un pas lourd, l'air absent, je me retrouve vite à côté de lui.
-Bill, comment êtes vous sorti de votre chambre ?Il me répond pas et continue son chemin.
-Bill ?Okay encore un vent, je n'ai pas trop le choix je lui agrippe le bras pour le faire s'arrêter.
L'effet est autant immédiat qu'inattendu.
Il se met à se débattre et même à hurler.
J'essaye de le calmer du mieux que je peux mais rien à faire il continue de se débattre et de me balancer des insultes et autres obscénités.
Il a quand même beaucoup de force on ne dirait pas.
Alertés par les cris, les autres patients se mettent eux aussi à hurler.
Merde merde merde !
Et personne ne vient m'aider.
Je n'ai pas le choix, je serre Bill à la taille et le soulève pour le reconduire à sa chambre.
Je ne sais même pas où elle se trouve, on ne m'a rien dit.
Je fais du mieux que je peux, ce qui n'est pas évident avec cette furie qui me donne des coups pour s'enfuire.
Pourtant quelques instants avant, il avait l'air si calme.
Après quelques de recherches , je trouve enfin une chambre ouverte et vide, je suppose que c'est la sienne.
Je rentre rapidement à l'intérieur sans refermer , impossible.
Je l'allonge sur son lit avec difficultés.
Je n'ai pas envie de faire ça mais j'ai pas le choix , je vais devoir l'attacher.
Soudain il s'arrête de gigoter et se met à parler ou plutôt chanter en me fixant.
-Apportes moi mes cachets, serre bien ma camisole accélère, encore le son de ta voix, ma techno-délire psychedelique , apocalyptico-dramatique.Puis il s'arrête et fixe à nouveau je ne sais quoi d'un air absent.
Il est retourné dans son monde.
Je suis tétanisé.
Ce gars n'est absolument pas normal.
Enfin comme tous mais lui est ..... Je ne sais pas il a ce petit quelque chose en plus qui le rend mystérieux, attachant mais aussi flippant.
Et cette chanson .... Elle fait froid dans le dos.
Je me demande où il l'a entendu.
Je termine de l'attacher et vais chercher son plateau.
J'espère juste qu'il ne va pas péter un autre câble !
En tout cas je retiens mes collègues, super sympa de m'avoir laissé me débrouiller seul.
Les couloirs sont à nouveau calmes, à croire qu'il ne s'est rien passé, pourtant j'ai vraiment eu très peur.
EllipseJe suis autour d'un café chez Gustav, j'avais besoin de lui parler.
Deux semaines de travail et j'en peux plus.
Je suis fatigué, des cernes énormes ornent mon visage légèrement creusé.
Ce job n'est pas comme je l'imaginais, non seulement je ne m'entends pas avec mes collègues mais en plus je ne m'adapte pas à cette vie.
Toute leur misère m'affecte beaucoup trop surtout Bill.
Personne ne s'occupe de lui, personne ne va lui rendre visite non plus.
Il semblerait qu'il n'ait aucune famille ou amis.
Le directeur reste très évasif à son sujet.
Il me dit juste de ne pas trop me préoccuper du pourquoi du comment.
Comment je peux l'aider en ne sachant rien de lui à ce moment là ?
Ils ont tous l'air d'en avoir rien à faire de leurs états d'âme.
Jamais ils ne cherchent à discuter avec eux.
Comme ci c'était des pestiférés, ce comportement me dégoûte.
Je suis pas comme ça, je suis pas comme mes collègues.
-Tom arrête de te torturer l'esprit.
-J'y arrive pas Gus, je sais plus quoi faire pour les aider.
-Je suis sûr qu'ils te sont très reconnaissants.
-Comment le savoir ?
-Tu t'occupes d'eux mieux que tu t'occupes de toi même. Prends du temps pour toi aussi !
-J'ai pas le temps de me reposer !
-Tu vas finir par dépérire aussi.
-Quand même pas.
-Tu veux pas t'amuser un peu ? Ce soir ...
-Non je n'aime pas trop me mêler à la foule et tu le sais.
-J'abandonne ... Je finis mon café et dis au revoir à Gustav.
Je reprends le boulot mais j'avais besoin de faire ma pause hors de ces murs où tant de souffrance et de non dits règne.
Je suis toujours angoissé d'aller là bas, peur qu'un patient ait fait une connerie ou autre.
J'ai à peine le temps d'entrer que des hurlements se font entendre.
Je reconnais cette voix, c'est Bill.
Je cherche pas à comprendre et cours jusqu'à sa chambre.
Je vois alors un de mes collègues, Francis le brutaliser.
Je vois rouge et le déloge du corps de Bill, je le vire sans ménagements en lui hurlant dessus que si il recommence ça risque de mal se finir pour lui.
-Pfff ils sont tous tellement débiles , on peut leur faire ce qu'on veux, jamais ils ne diront rien, qui te croirait ?Il ne me laisse pas le temps de répondre et se tire avec un sourire victorieux.
Il a raison, qui me croirait ?
Ils se fichent pas mal de Bill ou des autres, tout ce qui leur importe c'est leur salaire.
Car oui, avec la prime de risques, ça paye bien.
Je reporte mon attention sur le brun.
Il fixe le mur devant lui, le regard dans le vague. Comme ci rien ne s'était passé.
Aucune trace de peur sur son visage, rien.
J'ai l'impression qu'il est dépourvu d'émotions.
Il est étrange.
Depuis le temps que je suis là, je n'arrive toujours pas à le cerner, ni à prévoir ses crises.
Certains patients s'ouvrent légèrement à moi, c'est un gros effort pour eux de s'efforcer à rester dans la réalité mais une belle victoire pour moi.
J'aime passer du temps avec eux, ne pas me presser, les écouter quand ils sont lucides et capable de parler un peu.
Bill lui ne parle jamais, sauf quand il fait ses crises de violences.
Il ne bouge pas, ne marche presque pas quand il est en promenade.
Rien ne semble l'atteindre.
Pourtant je suis sûr que si il s'ouvrait un peu, il serait capable de beaucoup de choses.
Seulement il est trop enfermé dans son univers, je ne sais pas à quoi il pense...
Je m'approche de lui avec lenteur.
Je ne veux pas l'effrayer.
-Tout va bien Bill ?Comme je m'y attendait, il ne me répond pas.
Pourtant j'aimerai beaucoup.
Il est tellement attachant.
Si je ne craque pas et reste dans cet hôpital c'est bien pour lui.
On ne peut pas le détester c'est impossible et pourtant...
Personne ne s'occupe vraiment de lui, comme si il était transparent.
Et c'est loin d'être le cas.
Il a ce petit quelque chose qui fait qu'on a toujours envie d'aller vers lui, de passer des heures à ses côtés.
J'aime être en sa compagnie, je me sens bien, entier.
Je ne sais même pas si il me remarque.
Le directeur lui a bien remarqué le fait que j'aime m'occuper de lui.
Il m'a fait passer un sale quart d'heure ce jour là.
Me rappelant qu'il y avait d'autres patients et surtout que je n'étais pas sa nounou.
Je n'ai rien dit car il a raison mais quand même.
Je regarde ma montre et m'aperçois que c'est l'heure de la promenade.
Seulement ce n'est pas de Bill dont je m'occupe aujourd'hui, curieusement j'ai été très déçu.
Je suis accro à sa présence.
Je comprends pas pourquoi...
Je caresse délicatement ses cheveux pour attirer son attention.
Mais il ne réagit pas.
Mon c½ur se serre légèrement.
Là non plus je ne comprends pas ce qu'il m'arrive.
Tout est différent avec lui.
Je retire ma main de ses cheveux et me lève.
-Je reviendrai pour votre dîner, là c'est l'heure de la promenade, profitez un peu, il fait très beau.Il ne me répond pas mais j'ai toujours cet espoir.
Je vais voir mon patient, un homme d'environ 35 ans , très gentil .
-Alors Gary, prêt pour la promenade ?
-Oui !
-Alors c'est parti.Aujourd'hui est une très belle journée, il fait agréablement doux , les patients ont l'air de se sentir beaucoup mieux et moins stressés.
Je regarde les alentours et tente de voir où est Bill.
Il est avec une infirmière.
Sa tête est baissée, il n'a pas l'air à l'aise.
J'ai envie d'aller le voir mais c'est impossible.
-T'as une amoureuse ?
-Gary ! Vous êtes bien curieux.Il rigole, moi aussi.
Ca me fait du bien de rire un peu.
Gary est quelqu'un qui a le don de redonner le moral.
Il est très bavard , comparé à beaucoup d'autres.
Il est un peu simplet , sa famille ne voulait plus s'occuper de lui , alors le voilà.
On fait le tour du parc, profitant du calme des lieux.
La ballade se termine, avant de retourner dans leur chambres, certains peuvent aller dans la salle de repos , il y a une télé et des tables pour faire des jeux.
C'est convivial.
Je surveille en général pour voir si tout se passe bien.
Quand je disais que c'était une prison...
Ce n'est pas la confiance qui règne.
Ils ne sont pas tous si dangereux que ça.
Mais ça fait parti de mon travail alors j'accepte.
La plupart ici se reposent, profitant d'être en dehors de leur chambre qui les garde prisonnier et exclus de la société.
Je vois Bill, seul , à l'écart , ne faisant rien.
Cette vision me fend le c½ur.
C'est dingue comme il m'obsède.
Mais merde il m'arrive quoi ?
J'ai l'impression d'être une collégienne ...
Gustav avait peut-être raison, je deviens aussi dingue que mes patients...
Non Bill n'est pas dingue.
J'ai envie d'aller le voir , qu'il s'intègre.
Seulement je ne peux pas me permettre de laisser les autres sans surveillance.
La petite pause détente se termine déjà.
Chaque infirmier va chercher un patient, ils ne sont pas nombreux , à peine cinq mais si ils font une crise c'est du sport.
Comme je vois que personne ne vient chercher Bill, je décide de m'occuper de lui.
Ce qui me réjouis intérieurement faut bien l'avouer.
-Bill, il va falloir remonter à la chambre, on y va ?Il ne dit rien, mais se lève et avance sans m'attendre.
Il m'entend donc mais ça me fait bizarre qu'il m'ignore, aucune émotion ne paraît sur son visage.
Mais je le rattrape , on ne sait jamais.
Je lui prends délicatement le bras pour le ramener à sa chambre.
Il regarde ses pieds tout le long du chemin et moi je dois regarder un minimum devant moi pour ne pas me prendre un mur.
Je suis trop occupé à détailler le moindre de ses gestes, la moindre mimique.
Il me fascine comme jamais personne m'a fasciné.
Il est magnifique.
On est déjà arrivé à sa chambre.
Dommage j'aurais voulu passer plus de temps avec lui.
J'ouvre sa porte et il entre sans un regard pour moi.
C'est dur.
Mais c'est ainsi.
Puis il s'arrête au milieu de la pièce et ce retourne vers moi.
-Qu'y a-t-il Bill ?Il répond pas mais pointe de doigt son lit.
Oui je vois pas trop ce qu'il veut.
-Vous voulez aller dans votre lit, c'est ça ?Il hoche la tête , il est vraiment trop mignon.
-Vous pouvez y aller.Mais il n'y va pas et continue de pointer son lit du doigt tout en fixant.
Il me demande silencieusement quelque chose mais quoi ?
-Vous voulez que je vous aide ?Nouvel hochement de tête.
Je ne le montre pas mais à ce moment là mon c½ur bat beaucoup plus vite.
Car pour la première fois, il m'a demandé quelque chose, car il m'a regardé.
Il ne m'a pas ignoré.
Je m'avance vers son lit pour défaire les couvertures, lui ne bouge pas, se contentant d'observer mes faits et gestes.
Il est juste adorable.
Une fois fini, je tends ma main vers lui pour lui faire comprendre qu'il peut venir.
Sa démarche est lente , mais je m'en moque, pour lui j'ai le temps.
Une fois arrivé à ma hauteur il s'arrête et me fixe.
Ses yeux sont magnifiques.
Il se penche vers moi et me colle un tout petit bisou sur la joue avant de se mettre dans son lit.
Je reste pétrifié , le c½ur battant à tout rompre.
Il m'a embrassé , ses lèvres sont douces !
J'aurais jamais cru ça !
EllipseJe me retourne sans cesse dans mon lit.
Bill me hante, ses lèvres aussi.
Des images plus qu'obscènes me viennent en tête.
Lui nu, sous moi, le caressant partout.
Rien ne serait plus excitant que de tenir son sexe entre mes mains, de le sentir gonfler et pulser entre mes doigts.
Je le vois aussi me branler pendant que nos lèvres et nos langues s'apprivoiseraient.
Puis le moment serait venu de lui écarter ses cuisses fines, blanches que je devine aussi douces que ses lèvres.
Il me lècherait les doigts pour que je puisse le préparer.
Il écarterait encore plus les cuisses pour se dévoiler entièrement à moi.
Et je le verrai.
Son endroit le plus intime.
Ce petit trou rose sensible, mystérieux, désirable qui ne demande qu'à être pénétré, rempli.
Ce trou magique renferme le vice, la luxure, le plaisir de la chair.
Mais il doit être choyé , préparé avec douceur et amour.
Ce que je ferai.
En lui enfonçant un doigt tout doucement pendant que je détournerai son attention en lui léchant sa queue.
Il gémira sous mes caresses sur et dans son corps.
Il s'ouvrira un peu plus pour moi.
Afin d'accueillir mon sexe qui gonfle un peu plus pour lui.
Ses gémissements m'exciteront plus que de raison.
Un autre doigt le pénétrera pour mieux l'ouvrir, mieux le préparer, plus l'exciter encore.
Je découvrirai l'intérieur de son corps désirable, le faisant crier de plaisir pendant que je continuerai de le lécher et de chercher une petite bosse qui fait des miracles.
La pièce deviendra chaude, très chaude, l'air sera irrespirable , suffocant mais on s'en foutra, trop occupés aux plaisirs de la chair.
Puis il me suppliera d'aller plus loin.
Il me stoppera juste avant de jouir.
Il me dira des mots vulgaires, excitants.
Il me demandera de lui faire l'amour.
Et je dirai oui.
A mon tour il me préparera avec douceur, découvrira la douceur et l'humidité de mon sexe qui pulsera sous ses mains.
Il se rallongera en écartant à nouveau les cuisses.
Une pointe d'inquiétude dans les yeux.
Il aura peur.
Mais je le rassurerai par mes lèvres partout sur lui pendant que je m'installerai sur son corps.
Nos sexes se toucheront , nous faisant gémir.
Je me frotterai doucement contre lui, il suivra mes mouvements de bassin pour avoir plus de plaisir.
Je n'irai pas trop vite pour ne pas le faire venir trop vite.
Il n'en pourra plus, il me dira qu'il me veut en lui.
Ce que je ferai.
Je prendrai mon sexe dans ma main, pour me guider.
Il touchera son anus qui se contractera au toucher.
Je jouerai un peu avec , en frottant mon sexe contre son trou jusqu'à ce que la respiration de Bill me rappelle à l'ordre.
Je soulèverai délicatement son bassin pour avant un bon angle.
Je lui caresserai ses fesses rondes et fermes pour finir de le détendre.
Il me regardera droit dans , le regard suppliant d'y aller.
Le moment sera venu.
Je soufflerai un bon coup et je reprendrai mon sexe dans ma main.
Mon sexe cognera contre son anus et je l'embrasserai en même temps que j'entrerai en lui.
Tout doucement, pour que l'on puisse savourer cet instant unique.
Tendrement pour ne pas lui faire mal.
Je prendrai mon temps pour lui faire ressentir mon sexe détendre ses chairs et avancer à l'intérieur de son corps.
Une fois au bout j'attendrai qu'il s'habitue.
Je lui dirai des mots doux.
Je lui prouverai mon amour en m'unissant à lui pour ne faire qu'un.
Au bout d'un moment, ses yeux me diront qu'il veut plus.
Je bougerai mon bassin avec lenteur.
Han oui ça sera délicieux.
Je lui caresserai les cheveux pendant que je continuerai mes mouvements doux en lui.
Je gémirai que c'est bon , que j'aime lui faire l'amour.
Il me dira que je lui fait du bien.
Mes pénétrations seront sensuelles, consumants nos corps et nos âmes petit à petit.
Je lui ferai connaître l'ivresse de l'amour.
Mes va et vient nous feront perdre la tête.
La pièce sera bouillante de notre étreinte.
Bill transpirera , sera réduit à un corps gémissant son bien-être.
Il me demandera d'aller plus vite, plus profondément en lui.
Tout ce que tu veux mon ange.
J'accélérerai progressivement pour retarder ce moment.
Rester le plus possible unit avec toi.
Profiter de la douceur de ton corps et de la chaleur de celui-ci.
Me sentir à ma place, dans tes bras.
Je sentirais à tes petits cris sexy que je ne suis pas loin de ta petite bosse faiseuse de miracles.
Je relèverai ton bassin et tu enrouleras tes jambes cotre mon bassin.
Han oui, sensation divine, pénétration plus profonde, cris plus intenses.
Je ne suis pas loin, je le sais.
Je te torture encore un peu et donne un gros coup de bassin.
Tu cris , tu hurles que c'est bon.
Tu en veux encore, tu me supplies de recommencer.
A tes ordres mon amour.
Je redonne un fort coup de rein.
Tu cris encore, moi aussi.
C'est divin.
Faire l'amour avec toi c'est le paradis.
Oui , oui ça l'est.
Je prendrai ton sexe pour te branler.
Tu fermes les yeux, ta bouche s'ouvre pour happer de l'air.
Tes cheveux collent à ton front.
Tu est magnifique.
Tu vas jouir.
Moi aussi.
Ma bite se gonfle de plus en plus.
Mes testicules se durcissent.
Ma bouche bouffe ton cou.
Mes dents marquent ta peau.
Tu hurles à présent.
Tu dis que tu vas jouir.
Oui mon ange.
Jouis pour moi.
Je vais plus vite.
Mon bassin claque contre tes fesses moites.
Douce musique érotique.
Ton sexe se tend, tout comme ton corps.
Tu laisses jaillir ton plaisir.
Tu exploses tel un volcan.
Mon Dieu tu es magnifique.
Tu resserres tes muscles contre mon pénis.
Merde merde merde , je vais jouir à mon tour.
Oui !
Je t'aime Bill.
Ah , ah , ah.
-Je t'aime !
-C'est pas bientôt fini ce bordel, y en a qui veulent dormir !Putain de bordel de merde !
Je n'ai jamais eu un orgasme pareil.
Je me suis branlé en pensant à Bill.
J'ai crié mon amour pour lui.
Bon sang , oui je l'aime.
Comme un fou.
Comment j'ai pu ne pas le remarquer avant ?
Ca ne s'explique pas.
La sonnerie de mon téléphone interrompt mes pensées.
A cette heure-ci ça ne peut être que l'hôpital.
J'ai soudain peur.
-Allô ?
-Tom désolé de vous déranger si tard mais nous avons un gros problème avec Bill...
-J'arrive tout de suite !Je ne lui laisse pas le temps de répondre et fonce m'habiller sommairement.
Bill , que t'arrives-t-il ?
J'ai peur qu'il soit arrivé quelque chose.
Mes larmes brouillent ma vue , c'est pas super pratique pour rouler.
Mon esprit est juste focalisé sur lui.
J'arrive en un temps record à l'hôpital.
Je cours comme un fou jusqu'à ce que j'aperçois le directeur.
-Tom.
-Où est-il ? Que s'est-il passé ? Il va bien ?
-Calmez vous. Je vais vous expliquer. Il a eu une nouvelle crise après avoir fait sûrement un mauvais rêve.
Il hurlait et ne réclamait que vous. Impossible de s'approcher de lui.
Alors on vous a appelé.
Il est dans sa chambre.
-Je vais le voir.Je cours dans les couloirs afin d'atteindre sa chambre au plus vite.
Il m'a réclamé , il a besoin de moi.
Cette pensée réchauffe mon c½ur.
J'ouvre sa porte en étant le brusque possible.
Je ne veux pas lui faire peur.
La pièce est plongée dans le noir mais je distingue facilement ses petits gémissements mêlés à ses pleurs.
Non petit ange ne pleure pas.
Je m'avance vers lui avec prudence.
On dirait un petit chiot apeuré.
-Bill ? C'est Tom. Je suis là.Il relève la tête et me regarde.
Je frémis.
-Tom.Première fois qu'il prononce mon prénom.
Je fonds.
-Oui c'est moi.
-Pour de vrai ?
-Pour de vrai.Je m'agenouille en face de lui.
Je ne sais pas quoi faire.
J'ai peur de lui faire du mal.
J'ai peur de le perdre.
Il s'avance vers moi et pose sa tête sur mon épaule.
Je frissonne et ne peux résister , je l'enlace fermement.
Par peur qu'il s'échappe.
Dans ses bras je sens complet, enfin là où je dois être.
J'embrasse son front, ses cheveux.
Je ne contrôle plus rien.
Je nous berce pour qu'il se calme.
Et moi je pleure. Tellement je l'aime.
A la folie.
-Pourquoi tu pleures ?
-Parce que j'ai eu peur pour toi.
-Pour moi ?
-Oui.
-Pourquoi ?
-Parce que je t'aime.
-Ca veut dire quoi.... Aimer ?
-Ca veut dire que tu ne peux plus te passer d'une personne, que tu veux toujours être avec.
-Alors je t'aime aussi.Putain je pleure encore plus.
Il m'aime... Il m'aime !
Je le serre encore plus fort contre moi.
Je suis heureux.
-Je t'aime tellement Bill !
-Dis, tu m'apprendras l'amour ?
-Tout ce que tu veux !A cet instant plus rien n'existe hormis lui et moi.
J'ai compris qu'il me laissait entré dans sa bulle.
Dans son monde.
J'entends vaguement la porte se refermer.
Enfin seuls.
Je le serre fort contre moi.
Je me shoote à son odeur.
J'imprime chaque effluve de son parfum dans ma tête.
Je me sens enfin moi-même.
Dans les bras de Bill.
Cette personne si mystérieuse et formidable à la fois.
Je suis heureux de l'avoir rencontré.
Même si cet amour est étrange, inconditionnel, peut-être même interdit, je m'en fou.
Pour lui je pourrais décrocher la Lune, même plus.
Car quand on aime, on ne compte pas.
Trois ans plus tard.
-Mon amour t'as pas vu ma chemise ?Bill arrive dans la chambre, un petit air coquin mais au combien adorable.
Ses mains sont derrière son dos.
Oh le petit farceur.
-Bill .... Mon amour si tu me rends pas ma chemise je te jure que tu seras torturé de chatouille jusqu'à ce que tu me la rendes !
-Tu n'oserais pas mon ange.
-Mais si !
-Alors viens la chercher.
-Cours !Et c'est dans un cri faussement apeuré qu'il se met à courir dans toute la maison.
Je rigole et m'élance à sa poursuite.
Alinéa part se cacher, ayant trop la trouille de se faire écraser la queue par un Bill complètement fou.
Depuis qu'on s'est avoué notre amour , tout à changé.
Bill a commencé à s'ouvrir à moi, ça a été dur et long mais chaque jour il progresse.
Je suis fier de lui.
Mr Bruckmeier m'a enfin expliqué le passé de Bill.
A sept ans , ses parents se sont fait assassinés sous ses yeux, il a été très choqué et s'est enfermé dans son monde pour se protéger.
Sa carapace diminue chaque jour un peu plus.
Il a quitté l'hôpital il y a quelques mois à peine, le temps qu'il s'adapte et qu'il apprenne à vivre.
Je ne travaille plus dans cet hôpital mais dans un grand réputé à Hamburg.
Comme ça je vois un peu plus souvent Gustav.
Bill lui pour le moment ne va pas en cours.
Il a appris à lire, à écrire et à compter aussi, il n'avait jamais été à l'école de sa vie.
Jusqu'à ses 20 ans il est resté cloîtré dans cette chambre où tout le monde le laissé dépérir.
Il est tout fier d'apprendre, de m'aider, de vivre tout simplement.
Et moi je vis aussi maintenant, grâce à lui.
Peu importe les jugements , tant qu'il est là, tout va bien.
Il m'apporte tellement chaque jour.
Je rattrape Bill et le plaque contre le mur, resserrant mon corps contre le sien.
-Et maintenant ?
-Maintenant ? On fait l'amour.Et c'est ainsi que l'on s'enferme dans notre bulle d'amour et de sexe.
Car même si Bill a une bouille d'ange, c'est une vrai panthère au lit.
Et c'est comme ça que je l'aime.
Oui je l'aime pour l'éternité.
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Bonjour !
Je m'excuse pour cet énorme retard, c'est honteux.
Au départ, un autre sujet était prévu mais j'y arrivais pas donc j'ai du tout recommencer.
Il y a des fautes, impossible de les corriger pour le moment, ça bug .
J'ai beaucoup aimé l'écrire.
Dîtes moi ce que vous en pensez !
Bisouxxx
Edit : Coucou ! Bon ben je commence déjà l'écriture d'un nouvel OS j'espère juste que je ne mettrai pas trop de temps haha , bref merci beaucoup pour tout vos commentaires, vous êtes géniaux !
Encore : Mon OS avance petit à petit , je veux juste qu'il soit bon même si il n'est pas aussi sérieux que les autres tant qu'à faire !
J'ai une question : Devrais-je postuler pour la YAC ?